Ertfudge
By Geoffrey on Tuesday 16 November 2004, 20:40 - Ego - Permalink
Pas le meilleur texte que j'ai jamais écrit, loin de là à mon avis, mais la première d'une série de nouvelles. Inutile donc d'essayer de tout comprendre maintenant, il y a des choses qui échapent même à mon contrôle. Bon, ça se barre un peu en couille sur la fin, mais j'avais des choses à extérioriser désolé :)
Comme d'habitude, les gens se pressent sur le quai. Au loin sur la voie, on peut déjà apercevoir le train qui s'approche, sur de lui. C'est l'effervescence, chacun prend ses bagages, les parents rappellent leurs enfants à l'ordre, se précipitent pour les sauver d'une chute sur la voie. Le train est sur nous maintenant, les plaintes stridantes de ses freins commencent à se faire entendre. Il nous assourdit, nous autre pauvres humains, nous fait bien comprendre qui est le maître ici, qui décide qui va où. Il s'immobilise. Les portes s'ouvrent, vomissant bientôt leur flôt de passagers arrivés à destination. L'hétérogénéité de la population fait plaisir à voir après les évènements des cinq dernières années. Cinq ans déjà que le Consortium s'est formé. Qui aurait pu prévoir ?
Place vingt-sept. Je suis situé à côté d'une vieille dame qui me demande de l'aider à monter sa valise sur le porte-bagage. Je m'execute volontiers et lui propose de la lui descendre quand elle sera arrivée, elle me remercie vivement. Encore heureux. Je m'installe à côté de la fenêtre, mon regard trainant sur la foule qui s'amminscit là dehors, au fur et à mesure que les gens prennent place à bord du train. Les gens. Si ils savaient.
Le Consortium est composé d'une vingtaine de personnes. Pour la plupart des scientifiques, mais je sais qu'il s'y trouve également au moins un ancien magna de l'informatique et deux "businessmen" qui arrivent au bout du chemin qui mène à la clairière, comme dirait l'autre. L'autre, c'est Roland bien sur. Mais Roland n'a rien à faire dans ce récit, laissons le en paix pour l'instant. Le but du Consortium n'est pas très clair. altruiste ? Peut-être. Interressé ? Sûrement. Grâce aux fonds apportés par le magna de l'informatique et les deux businessmen, le Consortium à lancé une série de projet scientifiques censés améliorer et réhausser le niveau de vie global de la planète.
Les hôtesses ayant prodigué les conseils habituels aux passagers, le train peut partir. Il reste quelques personnes sur le quai, refoulés par le train ou faisant des signes d'amitiés à leurs proches ayant embarqué. Quelques gémissements se font entendre dans le wagon et je commence à mal sentir ce voyage. Un rapide coup d'oeil sur les autres passagers confirme mes craintes. Pour une bonne moitié des personnes présentes, c'est le premier voyage. Cela se voit sur leur visage. L'anxiété, le stress, la peur parfois. Pas étonnant avec tout ce qu'on entend à propos des trains du Consortium.
Les premiers bénéfices des efforts du Consortium ne se sont pas fait attendre. L'ampleur des moyens déployés n'y était pas pour rien. Imaginez, un complexe scientifique grand comme Disneyworld, des dizaines de milliers d'employés, chercheurs, scientifiques, techniciens, ingénieurs. Poursuivant un seul but, le bien-être de l'humanité. Les premières technologies à sortir des labos du Consortium (les ConsLabs comme on les appelle) étaient attendues depuis des années: la voiture à hydrogène par exemple, longtemps bloquée par les grandes compagnies pétrolières.
Sept cent cinquante kilomètres par heure, c'est la vitesse moyenne des trains qui sortent des usines du Consortium. Coriolis, la liaison New York-Los Angeles peut atteindre les neuf cent kilomètres par heure. Les technologies mises en oeuvre pour atteindre une telle vitesse sans désagréments pour les passagers sont très couteuses, pourtant le prix d'une place de train reste minime. C'est une des stratégies mise en oeuvre par le Consortium pour atteindre son but à long terme. Nous nous déplaçons en ce moment à la vitesse de cinq cent kilomètres par heure, ce qui est déjà honorable.
Trente minutes que nous sommes partis. Le délai moyen des "incidents" étant de quinze minutes, on peut presque palper le soulagement ambiant. Le paysage défile à une vitesse délirante désormais, et j'ai abandonné toute véléité d'en discerner les détails. Qui voudrait s'esquinter les yeux pour ne voir finalement qu'un banal paysage de campagne ponctué ça et là de vieilles masures délabrées ? Un cri m'arrache à mes pensées.
Ma voisine, la vieille dame dont j'ai monté la valise, à perdu la tête. Pas au sens figuré, ce serait trop beau. Ertdfuge vient d'entrer dans les statistiques des incidents du Consortium.
Il n'y a plus de paysage dehors, rien que le néant. Une goute de sueur coule sur mon visage tandis que le chaos s'empare du wagon. Des enfants pleurent tandis que leur parents se démembrent peu à peu. Un vitre vole en éclat, puis une deuxième. Une créature s'écrase molement sur la vitre à coté de moi, s'y accroche et commence à ramper. Les ventouses qui tapissent ses membres produisent un bruit de sucion, sa tête, ronde, dépourvue d'orifice et surmonté d'un oeil globuleux commence à taper sur la vitre. Elle est bientôt rejointe par ses congénères qui commencent eux aussi à taper. La vieille dame, ce qu'il en reste, commence a se décomposer. D'autres créatures sont entrées par les vitres éclatées. Brièvement je vois un homme se débattre avant de se faire déchiqueter un bras. Sous le choc il s'évanouit, bientôt recouvert de créatures qui commencent leur macabre festin. Tout le monde crie maintenant.
Les cris des créatures se mèlent aux cris des passagers. De la lumière filtre à travers les créatures aglutinées, l'espoir envahit ma tête. Et le monde s'écroule autour de moi, des corps explosent, toutes les vitres volent en éclat, les sièges prennent feu. L'odeur de la chair brulée envahit mes narines, une violente nausée me retourne l'estomac. Je vomis du sang, des morceaux d'estomac. Je sens l'intérieur de mon corps se disloquer tandis que mes vêtements prennent feu à leur tour. La douleur est tellement intense qu'elle semble appartenir à un autre corps. Un vacarme assourdissant envahit ce qu'il reste de mes oreilles, une lumière éblouissante, je comprends que tout est fini.